topblog Ivoire blogs

13/08/2017

LA LÉGENDE DU ROYAUME DU SILENCE

Laissez-moi
Conter cette légende
Des temps immémoriaux
Laissez-moi
Réveiller les personnages
De cette légende
Gravés dans le livre du silence
Il ya longtemps
Et bien longtemps de cela
Le silence était
En exil sur l’île
De la solitude
Pour y accéder
Il fallait
Répondre à sept devinette
1-
2-
3-
4-
5-
6-
7-
Si le doute naviguait
Avec ta conscience
Ton séjours
Ne serait qu’un leurre
Au carrefour
Du regret
Il fallait alors boire du soleil
Pour revenir en trompe l’année prochaine…

Immac

251350_CT_C14.JPG

Adokan Kouadio, La légende du silence ,Paris ,Edilivre , 2012.

251350_CT_C14.JPG

02/08/2017

L'ARTISTE ET LA FEMME

L’artiste et la femme

Tout artiste ou devrais-je dire tout (grand, vrai…) artiste a quelque chose de secret – je veux dire une connivence tacite - avec la femme, avec Vénus.

Les poètes, les dramaturges, les romanciers, les écrivains et, par-dessus tout, les artistes ont toujours invité la femme au summum du nectar de leur création. Et, dans ce processus de leur création, l’artiste et la femme fusionnent dans un magma d’azote, de neutron, d’hydrogène, de soufre si bien que le temps et l’espace deviennent poreux, élastique, c’est-à-dire inexistant.
La femme, cette Vénus, ce mystère de la création – car possédant le don le plus précieux que le créateur de l’univers a caché malicieusement en elle – a toujours joué son rôle d’inspiratrice, de lumière fécondatrice dans l’œuvre de l’artiste ; le nouveau-né. Parfois, le nouveau-né a les traits du père mais surtout de la mère qui, elle, est du voile de l’invisible, du voile de l’énigme.
La mère allaite passionnément le nouveau-né dans le processus de la
Pré-création ; c'est-à-dire dans la quatrième dimension - ici le bébé est déjà né mais en pensée. Le processus est identifiable à un fleuve tranquille qui est émaillé par des éclats de joies sur le faciès de la femme aimée. Celle –ci se donne corps et âme à son prince charmant qui n’attend que ce moment pour extasier son talent à la vue des humains, des mortels – ces êtres toujours étonnés.
C’est pourquoi dans les écoles de mystères, tout maître et tout jeune initié connaissent la valeur symbolique et mystique de la femme dans l’acte de création. La femme, c’est le réceptacle des sphères intuitives, des voyages espaces- temps inexistants. Elle ne joue pas non seulement le rôle d’inspirer le créateur, mais elle est aussi la matrice du savoir regroupé via l’univers en l’espace du processus de la création.
A travers ses éclats de rires, à travers son regard de flamme, elle procure à l’artiste du plaisir (artistique et esthétique) et du bien être émotionnel ; éduquant, formant et instruisant celui-ci à cette pincée de savoir qu’Amangaman donne gracieusement à l’artiste par le biais de la femme.
Malheur à l’artiste mâle qui méprise la femme – car en chaque homme se cache une femme, sa part féminine (réceptacle des valeurs, des principes et des lois de l’univers) ; en réalité, c’est à lui-même qu’il fait ce mal, car cette Vénus, cette lumière lui cachera pour toujours le voile de l’énigme !

Immac Adokan Kouadio, écrivain

MA VISION DE L'ECRITURE

MA VISION DE L' ECRITURE

J’écris pour deux raisons fondamentales. La première, elle est de l’ordre de la logique : oui, étant gamin, j’avais le sentiment que j’étais programmé pour devenir un écrivain, et j’avais rêvé comme Icare (qui avait rêvé de fabriquer un jour un avion) que je serai un jour un écrivain. Oui, le fruit de mon rêve est vraiment réel et lucide. Oui, l’écriture et moi : c’est comme une longue histoire d’amour.
La deuxième, elle est de l’ordre thérapeutique. J ‘écris pour me guérir, pour me soigner de mes manques, de mes envies, de mes douleurs et, bien sûr, de mes colères. Des lors, j’appartiens à cette race qui pense que créer seul ne suffit pas à faire un créateur. Le véritable créateur, le créateur authentique a l’obligation, le devoir d’être un danger, une menace permanente et perpétuelle, non négociable et non manipulable, pour toutes les formes de leurres, de frustrations, de mépris et, à l’égard des définitions établies, des croyances, des pratiques héritées qui veulent endoctriner, prostituer la pensée, la pensée de la communauté. En conséquence, je me considère ,avant tout, comme un intellectuel et un philosophe qui doit crier-même parfois dans le désert-, se dire, provoquer, choquer , s’engager, analyser les problèmes de la société et leur trouver des solutions, parfois radicales, afin que la société avance et ne périsse pas.
C’est pourquoi, la poésie est, pour moi, la forme par excellence, la forme la plus achevée de la subversion car, fait acte d’écriture poétique, c’est décider d’être libre, c’est décider de dire avec des mots invisibles ce que les mots ([qui] ne sont que carcasses /simples calebasses /bouillonnant /de sens) veulent dire, pour parler comme le poète Josué Guèbo. Ainsi donc, le geste poétique est un geste de liberté et de libération ; c’est une parole essentiellement radicale qui refuse de se plier aux normes et aux règles de la langue. C ‘est donc une parole de rébellion au sens littéral du terme. Par ailleurs, j’entends souvent dire que « le Beau » qui est fils unique de la poésie se résume essentiellement à la rime. Non, c’est du leurre ! La rime n ‘est qu’un piler, un élément, un facteur caractéristique, parmi tant d’autres, de ce qu’on nomme « le Beau ».
Pour terminer, je dirai qu’en Côte d’ivoire, je me sens plus proche de la poésie du poète Josué Guèbo, le président de l’association des écrivains de cote d’ivoire (L’AECI). Quant à l’extérieur, je suis l’un des amoureux de la poésie du jeune poète haïtien, James noël, qui est l’une des étoiles montantes de la poésie haïtienne et, partant, de la littérature haïtienne.
(mail : immaclemessie@yahoo.fr)

17426186_1339388666099812_3227677189800044886_n.jpg


Immac Adokan Kouadio,poète